Le verre à vin moderne, à pied et en forme de tulipe, est l’aboutissement d’une longue histoire. On a bu le vin dans des coupes de terre, des gobelets de métal ou de corne, avant que le verre transparent ne s’impose. Au XXe siècle, un verre de dégustation normalisé a été défini pour permettre aux professionnels de comparer les vins dans les mêmes conditions.
Des coupes antiques aux gobelets
Dans l’Antiquité, les Grecs boivent dans des coupes larges et peu profondes, les Romains utilisent aussi des gobelets de verre soufflé, invention de la fin de l’époque hellénistique. Au Moyen Âge, le verre reste rare ; on boit souvent dans des gobelets d’étain, de bois ou de terre cuite. Le verre de Venise, raffiné, devient à la Renaissance un objet de luxe.
Le verre à pied
Le pied permet de tenir le verre sans réchauffer le vin avec la main et sans laisser de traces sur le calice. Il se généralise à l’époque moderne dans les milieux aisés, puis se démocratise avec la production industrielle. Le cristal, plus brillant et plus fin, est utilisé pour les verres de prestige.
La forme tulipe
Le calice en forme de tulipe, plus large en bas et resserré en haut, concentre les arômes vers le nez. Il permet de faire tourner le vin sans le renverser. C’est la forme la plus répandue aujourd’hui pour les vins tranquilles. Pour les effervescents, la flûte, haute et étroite, a longtemps dominé ; la coupe, large et évasée, est plus ancienne mais disperse les bulles et les arômes.
Le verre de dégustation normalisé
Dans les années 1970, un verre de dégustation aux dimensions précises a été défini en France, puis repris dans une norme internationale. Sa forme et sa taille sont fixées pour que tous les dégustateurs observent, sentent et goûtent les vins dans les mêmes conditions. Il est utilisé dans les concours, les dégustations professionnelles et les formations.
Un verre par vin ?
Certains fabricants proposent des verres adaptés à chaque type de vin ou de cépage. Les dégustateurs s’accordent sur l’intérêt d’un verre assez grand, fin et en forme de tulipe, mais l’effet de formes très spécialisées fait débat. Pour un usage courant, un ou deux modèles suffisent.
Bien utiliser son verre
On remplit le verre au tiers environ, pour pouvoir faire tourner le vin. On le tient par le pied. On le lave à l’eau chaude sans produit parfumé, et on le range à l’abri des odeurs, qui pourraient se retrouver dans le vin.
Les grands moments de la verrerie
Plusieurs innovations techniques ont façonné le verre à vin. Aux XVe et XVIe siècles, les verriers de Murano, près de Venise, mettent au point un verre très clair, le cristallo, qui fait leur réputation dans toute l’Europe. Au XVIIe siècle, en Angleterre, le verre au plomb donne un matériau plus lourd et plus brillant, ancêtre du cristal. En France, la verrerie de Baccarat, fondée au XVIIIe siècle, devient une grande manufacture de cristal au siècle suivant.
Au XXe siècle, la production mécanique rend le verre fin accessible à tous, tandis que les fabricants travaillent la finesse du buvant, le bord du verre, et la résistance de la jambe. Le cristal sans plomb, apparu plus récemment, répond à des préoccupations environnementales et de sécurité des matériaux.
La taille des verres a aussi augmenté au fil du XXe siècle. Les verres anciens, plus petits, se remplissaient davantage ; les verres actuels, plus amples, laissent au vin l’espace nécessaire pour être agité et senti.
Avant que le verre ne s’impose en cave, les professionnels utilisaient une petite tasse d’argent, le tastevin, mieux adaptée à la pénombre.
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