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Le bouchon de liège, de l’écorce du chêne au goulot de la bouteille

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Le bouchon de liège, de l’écorce du chêne au goulot de la bouteille

Le bouchon de liège est taillé dans l’écorce du chêne-liège, un arbre méditerranéen dont on prélève l’écorce sans l’abattre. La première récolte intervient après plusieurs décennies, puis l’écorce se reforme et peut être récoltée de nouveau environ tous les neuf ans. Élastique et étanche, le liège s’est imposé pour boucher les bouteilles de vin à partir du XVIIe siècle.

Le chêne-liège

Le chêne-liège pousse dans l’ouest du bassin méditerranéen : Portugal, Espagne, Algérie, Maroc, Italie, et en France dans le Var, les Pyrénées-Orientales et en Corse. Le Portugal est le premier producteur mondial. Son écorce épaisse, faite de cellules remplies d’air, protège l’arbre de la sécheresse et des incendies.

La récolte, ou démasclage

La première écorce, rugueuse, n’est pas utilisée pour les bouchons. Les écorces suivantes, plus régulières, servent à leur fabrication. La récolte se fait à la main, à la hache, en été, par des ouvriers spécialisés qui détachent l’écorce sans blesser le tronc. L’arbre, marqué de l’année de récolte, se couvre d’une nouvelle écorce. Un chêne-liège peut vivre plus de deux siècles.

La fabrication

Les planches d’écorce sèchent à l’air, puis sont bouillies pour être nettoyées et assouplies. Les bouchons sont ensuite tubés, c’est-à-dire découpés à l’emporte-pièce dans l’épaisseur de l’écorce, puis triés selon leur qualité. On fabrique aussi des bouchons agglomérés, faits de granulés de liège collés, et des bouchons de champagne, composés d’une partie agglomérée et de rondelles de liège naturel.

Le goût de bouchon

Un défaut célèbre est associé au liège : le goût de bouchon, odeur de moisi ou de carton humide. Il est souvent dû à une molécule, le TCA, qui peut se former dans le liège. Les fabricants ont développé des procédés de traitement et de contrôle pour en réduire la fréquence.

Les alternatives

Depuis la fin du XXe siècle, d’autres bouchages se sont développés : bouchons synthétiques, capsules à vis, bouchons en verre. La capsule à vis est très répandue dans certains pays, notamment en Australie et en Nouvelle-Zélande. Le débat entre liège et capsule porte sur l’étanchéité, le vieillissement du vin, l’environnement et la tradition.

Un enjeu écologique

Les forêts de chênes-lièges, ou suberaies, abritent une grande biodiversité et résistent mieux au feu que d’autres forêts. Leur exploitation, si elle est bien conduite, contribue à leur entretien. Plusieurs initiatives proposent de collecter et de recycler les bouchons usagés.

Les qualités physiques du liège

Le liège doit ses propriétés à sa structure : des millions de petites cellules mortes remplies d’air, aux parois imperméables. Il est léger, compressible et élastique : comprimé pour entrer dans le goulot, il reprend ensuite son volume et s’appuie contre le verre. Il résiste à l’eau et se dégrade très lentement. Ces qualités expliquent son usage ancien, pour les bouchons comme pour les flotteurs ou les semelles.

Lire un bouchon à l’ouverture

  • Un bouchon de liège naturel, d’une seule pièce, se reconnaît à ses lenticelles, petits pores sombres répartis dans la masse.
  • Un bouchon aggloméré présente un aspect granuleux et régulier.
  • Le bouchon de champagne, en forme de champignon après usage, associe un manche aggloméré et des rondelles de liège naturel au contact du vin.
  • Un bouchon imbibé jusqu’en haut, ou au contraire desséché et friable, peut signaler une conservation difficile, debout trop longtemps ou dans un lieu trop sec.

Le bouchon porte souvent un marquage : nom du domaine, millésime, parfois appellation. Certains collectionneurs les conservent, comme d’autres gardent les étiquettes.

Le liège vieillit lui aussi : au bout de plusieurs décennies, un bouchon peut perdre son élasticité. Certains domaines rebouchent alors leurs très vieilles bouteilles, en complétant le niveau avec un vin de même origine, avant de les remettre en cave.

Pour l’outil qui retire le bouchon, voir le tire-bouchon ; pour le contenant, l’histoire de la bouteille, et la rubrique objets et métiers.

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