Les confréries vineuses, appelées aussi confréries bachiques, sont des associations qui défendent et font connaître les vins d’une région, à travers des cérémonies, des costumes et des intronisations. Certaines s’inspirent de traditions médiévales ; beaucoup ont été fondées ou refondées au XXe siècle, comme la confrérie des Chevaliers du Tastevin, créée en 1934 en Bourgogne.
Des racines anciennes
Au Moyen Âge, les métiers et les paroisses s’organisent en confréries, associations de solidarité et de dévotion placées sous la protection d’un saint. Les vignerons ont les leurs, souvent sous le patronage de saint Vincent, patron des vignerons. Elles entraident leurs membres, organisent les processions et les célébrations du saint patron. La plupart disparaissent à la Révolution ou au XIXe siècle.
Le renouveau du XXe siècle
Dans les années 1930, en pleine crise viticole, des vignerons et des négociants bourguignons fondent à Nuits-Saint-Georges la confrérie des Chevaliers du Tastevin, pour promouvoir les vins de Bourgogne. Elle s’installe au château du Clos de Vougeot, qu’elle acquiert en 1944. Son succès inspire la création de nombreuses confréries dans toutes les régions viticoles.
La Jurade de Saint-Émilion
À Saint-Émilion, la Jurade, refondée au milieu du XXe siècle, s’inspire de l’assemblée des jurats qui administrait la ville au Moyen Âge. Ses membres, en robe rouge et chaperon, proclament chaque année le ban des vendanges.
Rites et costumes
Chaque confrérie a ses costumes, souvent inspirés de vêtements anciens : robes, toges, chapeaux, rubans aux couleurs de la région. Les réunions, appelées chapitres, suivent un cérémonial précis. Les nouveaux membres sont intronisés au cours d’un rituel, souvent avec un tastevin ou un cep de vigne. Les confréries intronisent des personnalités pour faire connaître leurs vins.
Un rôle de promotion
Derrière le folklore, les confréries jouent un rôle de promotion et de défense des vins de leur région. Certaines organisent des concours ou des dégustations, comme le tastevinage en Bourgogne, qui tire son nom du tastevin et sélectionne des vins pouvant porter une étiquette particulière. Elles participent aux grands rendez-vous vignerons.
Une tradition vivante
On compte aujourd’hui de nombreuses confréries vineuses en France, de toutes tailles. Elles se retrouvent lors de rassemblements régionaux. Leur public est surtout composé de professionnels et d’amateurs adultes.
Les grandes confréries régionales
- En Bourgogne, la confrérie des Chevaliers du Tastevin, au château du Clos de Vougeot.
- À Saint-Émilion, la Jurade, en robe rouge.
- Dans le Médoc et les Graves, la confrérie du Bontemps, qui tire son nom d’une écuelle de bois où l’on battait les blancs d’œufs servant au collage des vins.
- En Champagne, l’ordre des Coteaux de Champagne.
- En Alsace, la confrérie Saint-Étienne, installée au château de Kientzheim.
Le langage des cérémonies
Les confréries ont leur vocabulaire. Le grand maître préside, assisté de dignitaires aux titres souvent empruntés à l’Ancien Régime : chambellan, connétable, grand argentier. Le chapitre est la réunion solennelle, l’intronisation le rite par lequel un nouveau membre est reçu, souvent en prêtant serment de défendre les vins de la région. Les insignes, tasse d’argent, grappe, ruban ou médaille, se portent au cou. Ces formes, qui imitent les ordres de chevalerie, datent pour l’essentiel du XXe siècle, même si elles se réclament d’usages plus anciens.
La plupart des confréries tiennent leurs chapitres plusieurs fois par an, souvent dans un lieu symbolique : château, cave, salle historique. Leurs archives, procès-verbaux et photographies, documentent une part de l’histoire viticole du XXe siècle.
Les intronisations de personnalités, artistes ou responsables publics, contribuent à la notoriété des confréries, qui publient souvent la liste de leurs membres d’honneur.
Voir la Saint-Vincent tournante, née d’une confrérie, et le ban des vendanges, ainsi que la rubrique traditions.

