La fête des vendanges de Montmartre se tient chaque année en octobre, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, autour de la vigne du Clos Montmartre. Cette petite vigne, plantée au début des années 1930 sur la butte, rappelle que Paris et ses environs ont été pendant des siècles l’un des grands vignobles de France.
Paris, ancien pays de vignes
Au Moyen Âge et jusqu’au XVIIIe siècle, les coteaux autour de Paris, Montmartre, Belleville, Suresnes, Argenteuil, sont couverts de vignes. Le vin produit, souvent léger et consommé sur place, alimente les guinguettes et les tavernes. L’urbanisation, la concurrence des vins du Midi arrivés par le chemin de fer, puis le phylloxéra, font disparaître ce vignoble au XIXe siècle.
La vigne du Clos Montmartre
Au début des années 1930, des habitants du quartier et des artistes obtiennent la plantation d’une vigne sur un terrain de la butte, pour empêcher qu’il soit construit. La première fête des vendanges a lieu peu après. Le clos, de petite taille, compte plusieurs cépages. Il est entretenu par les jardiniers de la Ville de Paris. Le vin est vendu aux enchères au profit d’œuvres sociales du quartier.
D’autres vignes urbaines
Paris compte aujourd’hui plusieurs autres petites vignes, dans des parcs et des jardins publics, comme le parc de Bercy ou le parc Georges-Brassens. Elles ont une vocation pédagogique et patrimoniale plus que productive.
La fête
Organisée chaque année en octobre, la fête des vendanges de Montmartre attire de nombreux visiteurs. Elle propose un défilé, un parcours du goût avec des producteurs régionaux, des concerts, des spectacles de rue et un feu d’artifice. Les confréries de toute la France y participent en costume. Chaque année, un thème différent est choisi.
Un symbole plus qu’un vignoble
La production du Clos Montmartre est très faible. La fête célèbre surtout l’esprit du quartier, l’histoire de la butte et le souvenir des vignes parisiennes. Elle rappelle aussi que le vin fait partie de la culture urbaine, dans les cafés, les cabarets et la chanson.
Voir la vigne de la rue des Saules
La vigne se voit depuis la rue des Saules, près du célèbre cabaret du Lapin Agile. Elle n’est ouverte au public qu’à certaines occasions, notamment pendant la fête. Le musée de Montmartre, tout proche, raconte l’histoire du quartier.
Le vin des guinguettes
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les guinguettes se multiplient aux portes de Paris, juste au-delà des barrières d’octroi, où le vin échappe aux taxes perçues à l’entrée de la ville. Montmartre, Belleville ou la Courtille attirent les Parisiens le dimanche. Le vin servi, souvent produit sur les coteaux voisins, est léger et peu taxé. La construction du mur des Fermiers généraux, à la fin du XVIIIe siècle, renforce ce contraste entre une ville taxée et des faubourgs qui ne le sont pas.
Les cépages et la vinification du clos
Le Clos Montmartre réunit plusieurs cépages, rouges et blancs, plantés au fil des replantations : on y cite notamment le gamay et le pinot noir, ainsi que des variétés hybrides plus résistantes aux maladies. Les raisins, récoltés à l’automne, sont vinifiés dans les caves de la mairie du XVIIIe arrondissement. Le vin, produit en très petite quantité, est mis en bouteilles sous une étiquette dessinée chaque année par un artiste.
D’autres vignes ont été replantées en Île-de-France, à Suresnes, à Argenteuil ou dans des communes proches de Paris, souvent par des associations ou des municipalités. Elles perpétuent la mémoire d’un vignoble autrefois très étendu autour de la capitale.
La vigne a été replantée et réorganisée plusieurs fois depuis les années 1930. Son entretien combine la conservation d’un symbole et une gestion attentive au voisinage, en pleine ville.
Voir aussi le ban des vendanges et les confréries vineuses, ainsi que la rubrique traditions.

